Les points clés du solfège au piano

Apprendre le solfège pour jouer du piano, ou jouer du piano pour apprendre le solfège : ces deux alternatives montrent à quel point le solfège est lié au piano. D’ailleurs, les élèves du conservatoire apprennent systématiquement les notes en utilisant un clavier, et les musiciens professionnels savent tous se repérer sur un piano. Pour bien assimiler les bases du solfège dans la pratique du piano, voici les points essentiels qui sont abordés dès les premiers cours de piano.

Le piano utilise la clé de fa et la clé de sol

Contrairement à nombre d’instruments comme le violon, la flûte ou la batterie, le piano utilise deux clés différentes, celle de sol et celle de fa. Ceci est dû à l’ampleur de la tessiture d’un clavier. En effet, il y a un grand nombre de notes comprises entre la touche la plus basse et la touche la plus aiguë du piano.

La clé de sol est relativement universelle dans le monde de la musique. Elle se dessine en partant de la deuxième ligne de la portée. Cette ligne représente la note sol, toutes les notes qui s’y trouvent sont donc des sols. Ensuite, les notes s’écrivent à l’affilée en alternant « entre les lignes » et « sur les lignes », avec pour référence le clavier du piano. Après le sol, il y a donc le la entre la deuxième et la troisième ligne. Sur la troisième ligne figure le si. Puis le do se situe entre la troisième et la quatrième ligne, et cetera.

Sur la portée, vous pouvez voir la clé de sol suivie des notes ré et mi.

La clé de fa est moins connue, mais tout autant utilisée par les autres musiciens. Elle reste spécifique au registre grave, et concerne la main gauche du pianiste, du harpiste, et la tessiture du violoncelle, du basson ou du tuba. Elle commence sur la quatrième ligne de la portée, qui indique le fa. Ensuite, les notes se lisent comme pour la clé de sol, en montant note par note avec pour référence le clavier du piano.

Les deux clés précédemment citées sont étroitement liées au piano. En effet, elles ne prennent pas en compte les tons ou demi-tons séparant les notes mais bien les touches blanches du clavier de piano. Les allitérations (dièses et bémols) sont alors marquées devant la note pour jouer les notes des touches noires. Ceci s’explique aussi par le fait que les clés reposent sur la gamme de do majeur, qui ne comporte aucun dièse ni bémol. En connaissant les notes du piano, vous saurez facilement lire la portée et inversement.

Rythmes et tempo au piano : quelle est la différence ?

Le tempo est un grand classique dans les cours de piano. Il sert à déterminer la vitesse à laquelle le morceau va être joué. Le tempo est indiqué soit par un mot italien, soit par une indication qui chiffre le nombre de battements par minutes. Voici quelques équivalences courantes :

  • Largo, entre 40 et 60 BPM;
  • Adagio, entre 60 et 80 BPM;
  • Andante, entre 76 et 100 BPM;
  • Allegro, entre 112 et 160 BPM;
  • Presto, entre 140 et 200 BPM.

Les rythmes indiqués sur une partition se basent sur le tempo. En général, la noire vaut un temps (mais cela peut aussi bien être la croche ou la blanche). Pour savoir de quel rythme il s’agit, il faut se référer aux barres qui relient les notes, et à leur remplissage. Certaines sont un rond plein, il s’agit de noires et de croches. Les ronds vides sont des blanches ou des rondes. Quant aux barres horizontales, elles symbolisent les croches, double-croches, triple-croches, etc… en fonction du nombre de barres présentes. Une note remplie avec une simple barre verticale est donc une noire, tandis que si elle a une « queue », sous la forme d’une barre horizontale ou d’un trait courbé, elle devient une croche, puis une double croche si une deuxième barre se rajoute.

Ci-dessus : croche, ronde, 4 croches, soupir, croche, demi-soupir, deux croches Ci-dessus : croche, ronde, 4 croches, soupir, croche, demi-soupir, deux croches[/caption]

Les nuances au piano sont la marge de manœuvre du pianiste

En dépit de toutes les indications très précises d’une partition, chaque pianiste peut interpréter un morceau différemment. Il s’appuie sur les nuances de la partition, qui sont généralement ajoutées par le compositeur et doivent permettre de comprendre ce que ce dernier souhaite faire entendre.

clé de fa

Les nuances peuvent être très présentes, ou sous-entendues, comme dans la musique classique. Par exemple, une phrase jouée deux fois d’affilée se joue par convention moins fort la deuxième fois. Le compositeur peut à l’inverse laisser beaucoup de place à l’imagination du pianiste, et se contenter d’indications vagues. Le piano étant un instrument riche en nuances, contrairement aux instruments à vent qui ne peuvent pas produire des sons aigus à bas volume, le pianiste doit les utiliser au maximum pour rendre le morceau vivant et personnel.

En respectant à la fois le rythme, les notes et les nuances de la partition, vous parviendrez à retranscrire fidèlement le morceau. À partir de là, libre à vous de le réinterpréter à votre façon !